DOI: 10.26650/jol.2026.1867981 ISSN: 2718-0042

Réalités miniaturisées et témoignages silencieux : La double représentation de l’espace et des sujets féminins dans La Mère de tous les mensonges

Özge Sönmez
Cet article analyse les fonctions narratives et sémiotiques de l’espace dans le film La Mère de tous les mensonges, en les inscrivant dans le cadre des processus de subjectivation des femmes. Dans le film, l’espace est conçu non pas comme un simple arrière-plan physique, mais comme un champ de production de sens au sein duquel se structurent la mémoire, le silence et les rapports de pouvoir. L’étude se concentre sur la représentation binaire de l’espace réel et de l’espace miniaturisé (maquette), afin d’analyser la manière dont ces espaces configurent l’expérience des femmes selon des dispositifs sémiotiques distincts. L’analyse s’appuie sur une approche de l’analyse du discours visuel et de la sémiotique narrative. Dans ce cadre, la contribution des indices cinématographiques tels que le positionnement de la caméra, le cadrage, ainsi que l’usage de la couleur et de la lumière à la production du sens spatial est examinée. L’espace réel fonctionne comme un lieu où se spatialisent la répression, le silence et le traumatisme, tandis que l’espace miniaturisé constitue un contre-espace dans lequel le récit est réorganisé et la mémoire reconstruite de manière critique. Au sein de ce contre-espace, le sujet féminin passe d’une figure passive de témoin à une position active de sujet narrateur et intervenant. En conclusion, l’article montre que la construction spatiale joue un rôle déterminant dans l’accès des sujets féminins à une visibilité narrative et que le passage du silence au discours devient possible grâce à une stratégie sémiotique fondamentale mise en oeuvre à travers l’espace.

More from our Archive