DOI: 10.26650/litera2026-1825996 ISSN: 2602-2117

Fiction, Interface et Résistance dans L’ombre et la lumière de Maxime Frantini, ou la poétique du technopolar

Adel Lalaoui
Dans cet article, nous interrogeons la manière dont le roman contemporain s’empare des logiques numériques pour renouveler ses formes, ses modes d’énonciation et ses enjeux critiques. À partir du technopolar L’ombre et la lumière de Maxime Frantini, nous examinons comment la fiction incorpore les structures du codage, de la surveillance algorithmique et de l’interface pour les transformer en opérateurs esthétiques et politiques. Le hacker, figure centrale du récit, nous apparaît comme un vecteur privilégié de dissidence : il brouille les flux, sabote les dispositifs et introduit des ruptures qui déstabilisent l’ordre narratif autant que l’ordre technique. Notre approche conjugue trois dimensions complémentaires : une narratologie augmentée attentive aux formes fragmentaires et aux dispositifs d’énonciation inspirés des interfaces ; une sémiotique des signes codés permettant de comprendre comment scripts, logs et fragments techniques deviennent des éléments structurants de la fiction ; enfin, une lecture sociocritique qui situe ce roman dans l’imaginaire contemporain du contrôle et de la traçabilité. Nous montrons que le texte fonctionne comme un espace de résistance où le bug, la discontinuité et l’opacité jouent un rôle poétique central. En hybridant les codes du polar avec les logiques du numérique, L’ombre et la lumière propose une reconfiguration du récit à l’ère des données, faisant de la fiction un lieu de friction, d’expérimentation et de vigilance critique.

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