DOI: 10.1177/07591063261478308 ISSN: 0759-1063

Croire en Dieu, croire en une vie après la mort: cela va-t-il toujours de pair?

Pierre Bréchon

Résumé

L’article montre le grand intérêt des enquêtes quantitatives pour mesurer les croyances religieuses. Les indicateurs de croyances présents dans l’enquête European Values Studies (EVS) sont moins nombreux que dans une enquête entièrement dédiée à l’étude de la religiosité comme par exemple dans le module religion de l’ International Social Survey Programme (ISSP) mais ils sont beaucoup plus nombreux et plus diversifiés que dans les sondages médiatiques qui, au maximum, ont une question unique, souvent dichotomique, sur la croyance en Dieu, ce qui est très réducteur comme l’analyse le montre. L’intérêt de l’enquête EVS tient aussi aux possibilités qu’elle offre de comparaisons dans le temps et l’espace, montrant que les croyances en Dieu ont eu tendance à baisser, comme beaucoup d’indicateurs religieux et qu’elles sont très différentes selon les zones géographiques du continent. Le fait de formuler des questions sur un futur suprahumain et pas seulement sur Dieu permet de repérer d’apparents paradoxes. Les individus articulent leurs croyances de manière très diversifiées et pas toujours rationnelles, comme l’a montré la relation entre croire en Dieu et croire à une vie après la mort, synthétisée dans une typologie en quatre groupes. Considérant particulièrement les groupes paradoxaux, on n’a pas vraiment trouvé dans les données d’explication au fait de croire en Dieu sans croire à une vie post-mortem ou à la croyance au futur post-mortem sans croire en Dieu. Faut-il dire que ces individus n’ont que des croyances religieuses flottantes, dérégulées, plus psychologiques que religieuses ? Ou ont-ils des rationalités qui nous échappent parce que le questionnaire ne prendrait pas en compte les dimensions explicatives les plus importantes ?

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