« Habiter le désespoir sans être soi-même désespéré(e) »
Stève PuigCet article propose une lecture du roman La dissociation de Nadia Yala Kisukidi en tant qu’expérimentation artistique mêlant philosophie, littérature et éléments de la pensée Africana. Bien que connue principalement pour ses travaux sur Bergson et la philosophie africaine et/ou de la diaspora, Kisukidi se sert ici de la fiction pour explorer les héritages du colonialisme et de violences politiques dans un contexte français à travers la protagoniste, une jeune femme dont la trajectoire, du nord de la France à la banlieue parisienne, l’aide dans sa quête identitaire. Publié en 2022, le roman envisage la dissociation non seulement comme une condition psychologique mais aussi comme un don pouvant mener à une certaine émancipation pour un groupe de militants de la banlieue parisienne. Une analyse de la voix narrative et de l’expérience de l’héroïne nous permet de voir comment l’aspect fragmenté du roman offre une alternative à l’historiographie linéaire et aux identités fixes. En plaçant La Dissociation dans le contexte de la littérature française et de la pensée Africana, cet article montre comment Kisukidi transforme le roman en un espace de dialogue dans lequel le concept même de dissociation nous interroge sur les récits nationaux, les traumatismes intergénérationnels et la possibilité d’une émancipation collective pour la diaspora africaine.
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